Ruisseaux, ultra-léger et quelques truites

Des niveaux déjà très bas pour une mi Avril, des refroidissements, des traces de pas, des poissons coup de bol et des coups prometteurs qui semblent vides. Voilà qui résume mes dernières sorties dans de nombreux petits cours d’eau autour de chez moi, connus ou encore inconnus pour ma part à la recherche de « fraicheur », de solitude et éventuellement un peu de fario !  Maigres résultats pour ce qui est du rendement mais toujours du plaisir quand il s’agit d’être au bord d’un ruisseau. Les sorties ratées ne le sont que lorsque l’on a des attentes précises. Ne rien désirer si ce n’est que le fait d’être là, désorganisé, improbable, contre-performant… Ni quantité, ni spectaculaire pour voir s’il n’y aurait pas quelque chose qui puisse émerger de ces errances en dehors de l’attendu, quelque chose qui ressemblerait finalement à la vie. Je repense souvent à ces quelques lignes de de Thoreau, cet auteur que j’avais découvert adolsecent dans le film « Le Cercle des Poètes Disparus » et dont j’avais fais de mon chevet ses écrits  : Walden, Cape Cod, La Désobéïssance Civile… Et je me demande alors si j’ai réussis à tenir mes promesses d’adolescent…

« Je m’en allais dans les bois
Parce que je voulais vivre sans hâte
Vivre, intensément,
Et sucer toute la moelle de la vie
Mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie
Pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort
Que je n’avais pas vécu »

« Le temps n’est que le ruisseau dans lequel je vais pêchant. J’y bois ; mais tout en buvant j’en vois le fond de sable et découvre le peu de profondeur. Son faible courant passe, mais l’éternité demeure. Je voudrais boire plus profond ; pêcher dans le ciel, dont le fond est caillouté d’étoiles. Je ne sais pas compter jusqu’à un. Je ne sais pas la première lettre de l’alphabet. J’ai toujours regretté de n’être pas aussi sage que le jour je suis . L’intelligence est un fendoir ; elle discerne et s’ouvre son chemin dans le secret des choses. Je ne désire être en rien plus occupé de mes mains qu’il n’est nécessaire. Ma tête, voilà mains et pieds. Je sens concentrées mes meilleures facultés. »

HD Thoreau. Walden